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3 mai 2012

Verdon - Enchainer les descentes

Plus que la durée, c'est principalement l'enchainement et la succession de descentes de l'Ultra Trail du Verdon qui effraie mes connaissances susceptibles d'être intéressées par l'épreuve. Et ce n'est pas faute d'essayer de leur vendre avec enthousiasme pour rajouter à l'expérience un brin d'émulation et une convivialité amicale.

Il est vrai que les descentes y sont particulièrement traumatisantes, d'autant plus que les sentiers raides et techniques constituent un véritable problème pour les muscles et articulations. C'est un vrai mystère :
  • deux compagnons potentiels, très prometteurs, se sont blessés sérieusement au genou, en goutant au tiers seulement de ce qui les aurait attendus en Juin : ils ont dû déclarer forfait ... ;
  • un autre, pourtant moins prédestiné (sport de force mais pas d'endurance), accumule sans sourciller un dénivelé impressionnant. 

La chose est longuement débattue, voici une sélection d'articles et discussions représentatifs qui permettra de dégager sa propre opinion : Kikourou 1 et 2, Trail Passion, Raidlight, U-Run, Ultra Fondus 1 et 2.

La référence, Kilian Jornet

On peut en dégager quelques recommandations pour bien courir en descente, c'est à dire plus vite mais surtout plus longtemps avant d'être contraint à la marche :
  • 1. travailler en condition réelle à l'entrainement, casser de la fibre pour augmenter sa résistance musculaire et pouvoir mieux encaisser de tels efforts : un minimum de 30 minutes par semaine (au moins 500/600 m de D-)  paraissaent nécessaire, idéalement sur un parcours accidenté et ponctuées de quelques accélérations à vitesse maximale ;
  • 2. un style serait plus efficace : accepter la pente et la gravité, le buste droit, les foulées raccourcies et légères, la pose du pied à plat ;
  • 3. être relâché et décontracté : apprendre à glisser, ne pas insister sur un appui instable (laisser filer et changer de jambe), sauter les obstacles, ...  pour ne plus avoir peur de tomber et limiter ses appréhensions, tel le judoka qui saura se réceptionner sur tatami ;
  • 4. utiliser éventuellement les bâtons comme jambes supplémentaires, pour se soulager d'une partie des chocs ou comme appui de secours ;
  • 5. développer sa proprioception : travail spécifique d'équilibre sur planches de kinésithérapie ou trampoline (Alain Roche, U-Run) et choisir des chaussures adaptées présentant une semelle pas trop épaisse permettant de mettre en application celui-ci.

Manu dans un pierrier facile

Cela rejoint mes impressions et semble bien assimilé de mon côté, n'ayant aucun souci à ce niveau et s'agissant surtout de me brider pour ne pas dépasser le rythme ou plutôt la limite cardiaque fixée, le terrain n'était pas vraiment un facteur limitant.

Il faut dire que je pratique assez sérieusement la chose :
  • une moyenne de 1.000 m de D- trail par semaine, dans le terrain de jeu privilégié des Alpes Maritimes, son immense réseau de sentiers et ses cailloux accessibles tout au long de l'année ;
  • de fréquentes sorties longues en rando-trail, durant lesquelles il n'est pas rare de dépasser les 2.000 m de D- ;
  • l'activité complémentaire du vélo de montagne, excellent pour la capacité d'anticipation (on dévale deux ou trois fois plus vite qu'à pied) et la musculation des jambes.

Cet entrainement, en partie croisé, me convient parfaitement et semble être efficace, puisqu'en compétition je suis rarement doublé (je n'en ai pas souvenir) quand la pente s'inverse.

20 avril 2012

Ultra-trail de 100 km, 6.000 m D+ : pourquoi le Verdon ?

Après la Restonica Trail en 2011, j'ai souhaité cette année passer sur le format supérieur, à savoir un trail en montagne dans les 100 kilomètres et 6.000 mètres de dénivelé positif correspondant à un effort estimé entre 22 et 30 heures.
 
Mes critères de sélection, classés par ordre d'importance, sont les suivants :
  • 1. barrières horaires : il s'agit avant tout de pouvoir terminer la course pour une première expérience de la distance, même en cas de défaillance et sans avoir à se battre toute la journée avec les délais. Idéalement, cela correspondrait à une moyenne de 5 km/h en équivalent plat (100 m de D+ = 1 km), pouvant éventuellement aller jusqu'à 6 km/h selon la difficulté ;
  • 2. cadre : autant que ce soit joli et varié, la motivation est importante. Nette préférence pour la haute montagne, les lacs et les sommets ;
  • 3. parcours : un maximum de sentiers, un terrain bien technique et pas trop de plat, histoire de ne pas trop s'ennuyer ;
  • 4. heure de départ : tôt le matin afin de limiter les périodes sans sommeil. Un début en fin de soirée, avec quasiment deux nuits blanches d'affilée est à proscrire ;
  • 5. date : plutôt à la fin du printemps, ce qui permettra de profiter normalement de la saison estivale ;
  • 6. lieu : un endroit proche facilitera les reconnaissances et l'assistance.

J'ai pré-sélectionné huit épreuves, parmi les plus connues, synthétisées ci-dessous :



Le Grand Raid Dentelles du Ventoux traverse les Dentelles de Montmirail et gravit le sommet du mythique géant de Provence. C'est là que réside son principal intérêt, semblant par ailleurs plutôt roulant avec beaucoup de piste forestière et peu de dénivelé.

Récit 2007 de Vboys74
La 6666 Occitane vaudrait surtout pour le massif du Caroux et les nombreux sentiers techniques qui le parcourent, le reste du tracé en plaine contiendrait hélas pas mal de piste et donnerait l'impression de boucher les trous. L'heure de départ y est rédhibitoire.


Le Cro-Magnon se déroule dans un cadre d'une grande beauté, au travers du Parc National du Mercantour de la montagne à la mer, tout ce que j'aime sur mon terrain de jeu habituel. Cependant, la vitesse minimale requise, environ 6 km/h de moyenne, risque d'être trop élevée pour un coup d'essai.

Mont Bégo dominant la Vallée des Merveilles

L'Ultra Trail du Verdon évolue le long du plus grand canyon d'Europe, ses crêtes, ses eaux turquoises et la vaste étendue du Lac de Sainte-Croix. Les passages très techniques, parfois même proches de la via-ferrata, se succèdent avec quelques faux plats autorisant un peu de répit. Les barrières horaires très larges permettent d'envisager sereinement l'expérience.


J'ai peu d'informations sur le Lavaredo Ultra Trail, si ce n'est qu'il se déroule dans le splendide massif des Dolomites.

Récit de l'édition 2009 par Jerome_I

L'Ultra Tour du Beaufortain, entièrement en haute montagne, contourne la Pierra Menta entre alpages et pierriers. Dommage que le rythme requis y soit trop élevé car il correspond par ailleurs à l'ensemble de mes critères.

Récit 2011 de Petit Merou

La CCC (Courmayeur-Champex-Chamonix) et la TDS (Sur les traces des Ducs de Savoie) sont des déclinaisons de l'Ultra Trail du Mont Blanc. La cadre est très agréable autour du plus haut sommet d'Europe et les sentiers faciles ne présentant généralement pas de grande difficulté laisseraient bon espoir de pouvoir pas mal trottiner.

Ils sont tous deux malheureusement inconciliables avec mes impératifs professionnels, d'autant qu'il y a vraiment trop de foule, étant un peu agoraphobe sur les bords.

Récit 2007 d'Akunamatata

J'ai naturellement retenu l'Ultra Trail du Verdon, répondant à l'ensemble de mes souhaits et contraintes. En 2013, par contre, si l'essai est transformé, mon cœur balance entre le Cro-Magnon et le Beaufortain, surement trop proche des Pyrénées.